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La seconde anecdote vient de Baltimore. On joue au théâtre de la ville un drame de la jalousie. Devant la scène, le soldat qui monte la garde ne sait rien des acteurs, des actrices, de l’histoire qu’ils racontent, de l’issue qu’ils font semblant d’ignorer. Au moment où Othello menace son amante sur le plateau, la sentinelle épaule son fusil, tire sur l’acteur qui s’écoule, qui se relève et montre son bras cassé. Stendhal parle du fait divers. Il voit en lui un exemple de l’illusion parfaite. Il note que, dans l’amour passionnel, elle doit être unique et fulgurante. J’ignore ce que Barthes pensait du jugement de Stendhal. Je ne suis pas sûr qu’il aurait pu le partager complètement. Mais je me rappelle que les lecteurs des Mythologies ont découvert, à l’époque où des romans à thèse encombraient les librairies, un auteur agacé par les illusions, non seulement parfaites, mais abrutissantes.

(Extrait)

DOUCE FRANCE



Lecture spécialement enregistrée pour Médiasphère le 21 avril 2011.


Conférence écrite et lue par Daniel Wilhem.

Enregistrement sonore et mixage par Carlos Ibanez Diaz.